Suite des réponses aux questions posées par e-mail.

 

 Sommaire des questions.

 

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Questions de Valentin Kaufmann :

Remarques valables pour ce document :

  • Les mots entre [...] sont de moi.
  • Atlas = Atlas de la philosophie, Kunzmann, Burkard et Wiedmann, La pochothèque, Livre de poche, 1994.

Introduction :

Pourquoi est-ce que le croyant que je suis cherche " à avancer " avec vous ?

Vous convertir ? :-) Certainement pas !

Confirmer ma pensée ? Oui, parce que je pense comme Thomas d’Aquin (1225-1274) :
" Foi et raison ne peuvent se contredire dans la mesure où elles émanent toutes les deux de Dieu [pour vous, de l’Un]. Par conséquent la théologie et la philosophie [et la science] ne peuvent aboutir à des vérités divergentes. Elles diffèrent par leur méthode :
La philosophie part des choses créées pour aboutir à Dieu [ou à l’Un] alors que la théologie prend Dieu comme point de départ. " (Atlas)

Vous dites en effet dans la 3ème hypothèse :
" DANS LE MONDE REEL, NOUS ÉTIONS UN.
Alors que dans l'univers nous sommes tous séparés par l'espace et le temps, nous étions UN dans le monde réel. Notre condition était donc meilleure. "

Donc, puisque tout vient de l’Un, la théologie et la foi sont également issues de l’Un. Même si j’admettais que ce ne sont que des inventions, elles n’en découleraient pas moins de l’Un. Foi et théologie ont donc une finalité, tout comme l’Univers. (finalité…voir plus bas)

Thomas d’Aquin dit encore :
" La philosophie rend d’importants services à la théologie en fondant rationnellement la foi et en la défendant, car les principes de la foi, qui sont surrationnels ne sont pas pour autant irrationnels. " (Atlas)

Ainsi monsieur Burri, je me réjouis de nos divergences dans lesquelles il faut démasquer les points communs et les apories plutôt que le rejet pur et simple. Vous êtes quelqu’un qui est prêt à discuter et c’est tout à votre honneur. La chose qui m’énerve le plus, c’est la foi aveugle de certains chrétiens qui vont jusqu'à nier les progrès de la science pour ne pas être " déstabilisés " dans leur certitude. Leur peur du néant domine leur raison.

1. Finalité de l’Univers et cause première :

Vous dites dans la 4ème hypothèse :
" Il semble que la vie soit apparue et se soit développée jusqu'à nous pour donner à l'univers la possibilité de se comprendre et de se changer. L'humanité est en marche, depuis toujours […]
L'Histoire est une course de relais dans laquelle chaque génération avance le plus loin possible avant de passer le témoin à la suivante jusqu'au moment où nos lointains descendants pourront accomplir notre destin. "

Résumé :

  • La vie est apparue pour quelque chose.
  • Nous devons accomplir un destin.

Il est donc clair que l’Univers a une finalité, un but. Qui dit finalité dit cause première et incréée, qui est en soi et par soi. On ne peut pas remonter à l’infini sans quoi il n y aurait pas de cause première.

Dans ce sens, Thomas d’Aquin dit que :
" Tout effet à une cause*. Mais comme rien ne peut-être la cause de soi-même (car sinon elle devrait se précéder elle-même) et que la série des causes ne peut remonter à l’infini, il doit y avoir une cause première incausée : Dieu. " [ou l’Un]

*si cette affirmation n’était pas valable pour toute chose, il n y aurait pas de déterminisme, et donc l’Univers n’aurait aucun but et la théorie du big-bang s’écroulerait d’elle-même. Pourquoi ça ? Parce que l’indéterminisme ouvre la porte à la contingence infinie… et vous le savez bien… l’infini n’est pas raisonnable !

Quel est donc le but de l’Univers ?

Vous dites dans la 3ème constatation :
" DÉSIR DE RETROUVER LES CONDITIONS DU MONDE REEL. "

Il y a une envie dans l'univers de retrouver les conditions du monde réel. Cette envie se traduit par une conduite morale qui consiste à considérer les autres comme nous-mêmes et à les traiter comme nous-mêmes, puisque nous étions UN avant. Cette attitude morale ne peut cependant pas changer les structures de l'univers.

Résumé :

  • Envie dans l'univers de retrouver les conditions du monde réel [l’Un]

Dans ce sens, Jean Scot Erigène (810-877) :
" Dans son œuvre principale, De la division de la nature, il distingue 4 formes de nature :

  • La nature qui créé et n’est pas créé : Dieu [l’Un]
  • La nature qui est créée et qui créé : les Idées divines qui sont des archétypes pour :
  • La nature qui est créée et qui ne créé pas : les choses singulières (créatures)
  • La nature qui ne créé pas et qui n’est pas créée : Dieu plongé dans la paix et ayant cessé de créer (but de la création) [retour à l’Un] " (Atlas)

C’est ce que je pense également, but de l’Univers et de toute vie : le retour dans l’Un. (pour moi, Dieu)

De l’origine de la cause première :
Inaccessible à la raison parce que hors de toute chose créée, et nous le savons, la raison ne peut traiter que des choses créées, réelles.

2. Nécessité de l’Univers fini ou absurdité de l’étude de l’infini :

Vous dites dans la 1ère constatation :
" EN DEHORS DE L'UNIVERS, N'Y A PAS DE DIMENSIONS.
[…]. "

Vous dites dans la 2ème constatation :
" L'EXTÉRIEUR DE L'UNIVERS N'EST PAS PENSABLE NI CALCULABLE.
Notre cerveau a besoin de dimensions pour raisonner et calculer. Cela signifie que le monde extérieur est totalement en dehors de notre investigation. […] Nous ne pouvons même pas dire qu'il n'y a rien en dehors de l'univers parce que d'une part l'univers a besoin d'une cause extérieure et que d'autre part la notion de vide, contraire du plein, ne s'applique qu'à l'intérieur de l'univers. "

Dans ce sens, Guillaume d’Ockham (1280-1348) :
" Le principe dit "d’économie" (le rasoir d’Ockham) selon lequel :
On ne doit jamais multiplier les être sans nécessité.
Recourir à l’universel pour expliquer l’individuel a pour seul effet de dédoubler artificiellement les êtres, sans expliquer quoi que ce soit. Il s’ensuit que tous les principes qui ne sont pas nécessaires à l’explication d’une chose sont superflus et doivent être rejetés. […] Il s’oppose aux fausses croyances d’après lesquelles à toute expression verbale devrait correspondre une réalité. Ce qui conduit à une multiplication injustifiée des entités en vertu de simples données du langage. " (Atlas)

C’est simplement une manière différente d’en arriver à la même conclusion que la votre " L'EXTÉRIEUR DE L'UNIVERS N'EST PAS PENSABLE NI CALCULABLE. " et j’ajoute, inutile.

Il y a des lois universelles, mais pas une infinité, et l’idée d’infini est typiquement une chose à rejeter.

3. Toutefois… : (à propos d’infini)

Vous dites dans la 2ème hypothèse :
" LE MONDE EXTÉRIEUR EST LE MONDE REEL.
Si le monde extérieur n'est pas pensable, il est néanmoins possible de l'aborder indirectement. Nous savons qu'il est à l'origine de l'univers, qui est sorti de lui, et cela le rend déjà important à nos yeux. Mais il y a plus. L'univers étant fini dans le temps, il va retourner dans le monde extérieur. Nous ne savons pas quand, mais nous sommes sûrs qu'il le fera. L'univers est aussi complètement entouré par le monde extérieur aux limites de ses grandes dimensions et aussi à chaque point de l'espace vers l'infiniment petit. Le monde extérieur est donc non seulement à l'extérieur, mais il est aussi partout en nous, en toute chose. La base de l'univers est dans le monde extérieur. L'univers est la superstructure d'un tout dont nous ne pouvons pas connaître l'infrastructure. Quand on considère tout cela et qu'on ajoute que la réponse au pourquoi de notre existence se trouve dans le monde extérieur, on ne peut que penser que le monde extérieur est le monde réel et que notre univers est le monde des illusions. "

Si l’étude de l’infini est absurde, vous ne niez pas totalement son existence :
" Si le monde extérieur n'est pas pensable, il est néanmoins possible de l'aborder indirectement. "

Dans ce sens, Nicolas de Cues (1401-1464) :
" L’homme se trouve dans un état de docte ignorance. Docte, parce qu’il se sait ignorant. Ignorant parce qu’il est un être fini et n’est pas capable de saisir l’infini divin.
Il dit : Mon Dieu, d’où vient qu’en la plus haute considération de mon âme je vous vois tout infini […] Ainsi il s’ensuit qu’aucun n’approche votre infinie grandeur que celui qui se tient dans l’ignorance, à savoir celui qui sait qu’il ne vous connaît pas. […] L’unité du monde dans sa diversité en fondée en dieu [pour vous, l’Un], l’infini dans lequel sont dépassées toutes les contradictions des choses finies. "

En particulier : " Le monde extérieur est donc non seulement à l'extérieur, mais il est aussi partout en nous, en toute chose. "

Dans ce sens, toujours de Cues (1401-1464) :
" Une autre formulation utilisée par Nicolas dit que Dieu [l’Un] est simultanément le plus grand (maximum) et le plus petit (minimum), car puisqu’il n’existe rien en dehors de Dieu [de l’Un], il n y a rien de plus grand ni de plus petit ; Dieu est la mesure de toutes les grandeurs finies. " (Atlas)

Donc tout chose provenant de l’Un, il n y a rien de plus grand ni de plus petit que l’Un.

Et encore : " On ne peut que penser que […] notre univers est le monde des illusions. "

En ce sens, Guillaume d’Ockham :
" Dans la saisie d’un état de chose, Ockham distingue la connaissance intuitive de la connaissance abstraite.

  • La connaissance intuitive renvoie à l’existence indubitable d’un objet. Elle se rapporte à ce qui perceptible par les sens, et à l’expérience intime de soi.
  • La connaissance abstraite rend possible l’énonciation fondée sur des concepts, même en l’absence de l’objet, mais n’en permet pas d’en déduire l’existence effective de l’objet. Elle est donc constamment soumise à la connaissance intuitive.

Ainsi [par exemple] on ne peut pas déduire l’immortalité de l’âme des principes rationnels car elle n’est pas fondée sur l’expérience. "

Voilà qui confirme votre pensée : d’une part il y a les connaissances liées aux perceptions de nos sens, et qui sont donc intuitives et ne qui ne définiront jamais l’Un dans sa totalité, et d’autre part nous trouvons les connaissances abstraites qui ne prouve pas l’existence effective de l’objet….. NOUS NAGEONS EN PLEINE ILLUSION.

Conclusions :

Je devrais préciser : conclusion de ce document et non, conclusion totale…

  1. La seule différence qui me saute aux yeux entre vous et moi, c’est que ce que vous appelez L’Un, je l’appelle Dieu.
  2. Je confirme que théologie et raison (ou foi et sciences) tendent vers le même but par des chemins différents : Retrouver l’Unité. En vous confirmant, je me confirme, et ce n’est pas pour vous faire plaisir :-)
  3. Que la science confirme la foi, pour autant que cette dernière ne soit pas aveugle.

Cher Monsieur Burri, vous aurez compris qu’à travers ce document je ne souhaite convertir personne mais que j’ai simplement la joie de constater l’Unité de toute chose.

La question qui me préoccupe à présent est le problème du libre arbitre, car il y a une aporie entre causalité (déterminisme, puisque l’Univers à un but) et liberté. Si tout est résumé dans le principe de la cause à l’effet qui tendent vers un but ultime, en quoi consiste la liberté humaine…? Ou puisque tout ce que je suis et pense à un moment donné proviennent d’une cause antérieure, en quoi ai-je du mérite ?

Je suis en pleine recherche et n’ai pas encore d’opinion arrêtée.

Meilleures salutations et amitiés.

 

Réponse à Valentin Kaufmann :

 Pour reprendre vos conclusions, je dirai qu'il n'y a pratiquement pas de différences entre vous et moi. La seule différence, minime, est une question de vocabulaire. Qu'on dise Dieu ou monde réel dépend finalement de nous autres humains et pas de Dieu.

Je suis d'autre part d'accord avec vos autres conclusions.

En ce qui concerne le libre arbitre, je pense que c'est un faux problème. Je crois au déterminisme mais je ne traverserais jamais une route les yeux fermés, sous prétexte que le jour de ma mort étant fixé d'avance je ne risque rien. Si je prends ces précautions, c'est parce que le déterminisme m'apparaît entier dans le passé et jusqu'à maintenant mais pas dans l'avenir. J'explique ma vie jusqu'à ce jour par tous les événements qui l'ont déterminée mais je sais que l'avenir est ouvert. Le déterminisme semble donc être valable pour le passé mais pas pour l'avenir.
Je me suis demandé comment serait ma vie si au lieu de croire au déterminisme je croyais à la liberté absolue et je me suis rendu compte qu'il n'y aurait rien de changé! C'est donc un problème uniquement théorique sans influence sur notre vie.

Liberté humaine et mérite sont des concepts humains relatifs et pas absolus. Je dis cela d'un point de vue philosophique. Comme tout le monde je suis bien sûr pour la liberté et j'estime que le mérite doit être récompensé. Mais le monde réel (Dieu) est au-delà du bien et du mal, au-delà de la liberté et du mérite, au-delà de notre pensée.

A bientôt,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Patrick :

Bonjours, je suis un jeune adolescent de 17 ans qui s'intéresse beaucoup au "Making of" the la vie et même si je crois beaucoup en Dieu et au Paradis, votre philosophie ma beaucoup marqué et reflète une vérité assez complète.

 

Réponse à Patrick :

Quand vous dites, au début de votre texte, "même si je crois beaucoup en Dieu et au paradis, votre philosophie m'a beaucoup marqué", vous semblez dire que dans la philosophie du Big Bang il n'y a pas de Dieu ni de paradis ! J'aimerais attirer votre attention sur le fait que le monde réel est largement synonyme de Dieu et de paradis.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Valentin :

Je suis parfaitement d’accord avec la théorie du Big-bang et vos hypothèses exposées sur la page principale.

Je me suis fort amusé dans cette réponse que vous avez donnée à Anne-Claude :
"Si votre peur de mourir est assez aiguë, alors je vous conseille de vous réfugier dans la foi, c'est-à-dire dans la religion, n'importe laquelle d'ailleurs. Celui qui a la foi se décharge complètement de ses soucis métaphysiques sur une autorité supérieure en laquelle il a une confiance infinie. Le résultat est qu'il se sent plus léger. Le philosophe par contre est seul avec ses angoisses, qu'il gère plus ou moins bien. Je crois que le sort des humains est d'être angoissé. Après tout, on n'est pas ici pour rigoler. (Clin d'œil)."

Vous lui recommandez de se réfugier dans la foi.

Vous avez écrit, entre autre :
"Pour réfléchir sur la mort, il n'est pas nécessaire de faire appel à la métaphysique. […]. La vie, c'est ce court moment pendant lequel une toute petite partie de l'univers devient consciente d'elle-même et peut agir."

Cher Monsieur Burri, savez vous que ces considérations font appel à
la foi ?
Vous ne croyez peut-être pas en un Dieu, mais comme ces considérations échappent et échapperont toujours au raisonnement, parce qu’elles traitent d’une chose non matérielle : la conscience.

La science, ne saura jamais expliquer ce qui n’est pas matériel. Ce serait une grosse farce que de prétendre le contraire. La foi est donc nécessaire (je pense à Kant).

 

Réponse à Valentin :

Avant de signaler ce qui nous différencie, j'aimerais commencer par attirer l'attention sur ce qui nous rapproche : "l'importance de l'amour... et... l'importance du pardon". Ce qui signifie que nous sommes en fait d'accord sur l'essentiel, le reste étant affaire de théorie qui ne pourrait en aucun cas nous diviser gravement. Vous n'êtes pas la première personne que je rencontre qui commence son raisonnement depuis un point de départ différent et qui chemine différemment pour arriver à peu près au même point d'arrivée que moi. Cela signifie qu'il y a une vérité à laquelle on peut accéder par différents chemins.

Le mien a été d'essayer d'arriver à la vérité en ne faisant appel qu'à la science et au raisonnement et pas à la foi qui peut amener au meilleur (les saint(e)s) et au pire (les assassin(e)s). Quand je dis "la vie, c'est ce court moment pendant lequel une toute partie de l'univers devient consciente d'elle-même et peut agir" je décris une réalité objective qui peut être vérifiée tous les jours. Il n'y a pas de foi ici.

J'avais tout récemment un échange d'idées avec un physicien américain qui m'accusait d'avoir la foi mais de ne pas l'avouer. Je dois dire, à mon corps défendant, qu'il a marqué un point là. En effet comme vous l'avez certainement compris, le monde réel est pour moi largement synonyme de Dieu, mais pas complètement. Aurais-je eu les mêmes idées si j'étais né dans une famille hindoue en Inde et pas dans une famille protestante en Suisse ? Impossible à dire, hélas.

En ce qui concerne Kant, ma pensée diffère de la sienne parce que selon moi on peut déduire qu'à l'extérieur de l'univers il y a le monde réel et qu'il est meilleur que le nôtre (2ème et 3ème hypothèse).

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Valentin :

Big-bang à répétition, oui ou non ?
Admettons qu'après le big-bang et l'expansion de la matière succède automatiquement une phase de re-concentration puis un nouveau big-bang, et ainsi de suite...

Il m'apparaît dans ce cas que la théorie des univers parallèles est plausible et que ces dits univers sont séparés par ce que nous appelons le temps.

Le temps n'est rien d'autre que la quatrième dimension... et je posséderais alors une quantité infinie de sosies, de vies différentes, etc, etc.
Sauf, héhéhé ! Sauf que s'il n'y pas de variations dans le déroulement du processus... c'est monsieur Nietzsche qui a raison avec la théorie de l'éternel recommencement.

Ca me fait penser aux nombres "univers" comme PI par exemple qui possèdent un nombre infini de décimales (sans cycle). Si on s'amuse alors à remplacer les chiffres par des lettres on pourra y trouver n'importe quelle phrase, suite de phrases, etc, et cela veut dire que toute chose est écrite dans ce nombre, l'encyclopédie universelle, ma vie, vos vies, etc.

D'ailleurs, ce texte que je viens d'écrire se trouve dans le nombre PI, et il s'y trouve même une variante sans fautes de français. C'est beau, la science !

Valentin

P.S.: en fait la question est : Big-bang à répétition, oui ou non ?
Si oui, que deux univers se soient créés l'un après l'autre dans le temps (à partir de la même matière), ou alors en même temps mais à une distance si importante l'un de l'autre que nous n'en auront jamais connaissance (question de funyboy au point 2.), le problème d'un homme qui souhaiterait les visiter tous deux serait une question de temps non ?
Dans le premier cas, il lui faudrait remonter ou avancer dans le temps, et dans l'autre, vu sa courte longévité, il lui faudrait arrêter le temps pour pouvoir s'y rendre. (vitesse de la lumière)

 

Réponse à Valentin :

J'aimerais commencer par vous donner ma définition de l'univers : c'est tout ce qui peut être calculé.
Cette définition englobe donc tous les univers parallèles qui pourraient exister aussi bien que les univers qui auraient existé avant le nôtre et qui pourraient exister après lui. C'est ce super univers là qui est selon moi fini. Qu'il y ait eu un big bang ou plusieurs ne change donc rien à la validité de la philosophie du Big Bang. La question de savoir s'il y a eu un ou plusieurs big bang n'est donc pas une question philosophique mais physique. Dans l'état actuel des connaissances, il semblerait que plusieurs big bang ne soit pas une hypothèse valable parce que l'univers se "détériorerait" d'un big bang à l'autre. La tendance dans le monde de la physique est de penser que l'univers se dilatera sans jamais s'arrêter pour finalement mourir de froid dans un avenir très très lointain.

Selon moi, une succession infinie de big bang est impossible puisqu'il faudrait une énergie infinie et que l'énergie dans un monde fini ne peut être que finie. L'hypothèse de Nietzsche est donc fausse.

En ce qui concerne les voyages dans notre univers ou entre deux univers on peut dire bien sûr que c'est une question de temps. Remonter le temps est impossible. Des mathématiciens à qui Stephen Hawking, le physicien britannique, avait posé la question, ont répondu clairement non. Votre question est extrêmement intéressante car elle conduit à se demander si l'univers pourra un jour se comprendre et agir sur lui-même instantanément. Il semble que ma quatrième hypothèse ne serait valable que dans ce cas.

Je suis heureux que vous ayez parlé du nombre PI car je m'en sers moi-même pour démontrer que des calculs qui paraissent rationnels sont parfois totalement en dehors de la réalité. En effet la distance la plus courte théoriquement possible est la longueur de Planck. On y arrive, je crois, en écrivant 33 chiffres après la virgule, ce qui veut dire que les milliards de chiffres qui viennent après la virgule dans le nombre PI n'ont aucun sens.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Valentin :

Vous écrivez : Selon moi, une succession infinie de big bang est impossible puisqu'il faudrait une énergie infinie et que l'énergie dans un monde fini ne peut être que finie.

J'imaginais qu'une succession de big-bang était possible en partant du principe que "rien ne se perd, rien ne se créé", et, que bien plus tard, les trous noirs feraient le "ménage" en absorbant tous ces restes de big-bang éparpillés dans l'univers et qu'ils finiraient par s'attirer entre eux pour reformer un tout.
C'est peut-être un peu naïf ? Y a-t-il quelque chose qui complique tout ça ?

Tiens ! J'ai une autre question qui me vient à l'esprit. Imaginons cette "boule" d'énergie avant le big-bang, sous quelle forme se présente-t-elle cette énergie... ? Je veux dire, on sait qu'un proton à une charge positive, l'électron une charge négative, puis il y a les quarks, les leptons, etc, etc. Mais quand tout est condensé au plus haut point, que tout est "un" si je puis dire, il ne peut y avoir de charge.
En simplifiant, il n y a plus de "+" ni de "-".

Voilà, je fais certainement des fautes de raisonnement dû à l'ignorance de certaine loi de la physique, mais n'hésitez pas à me corriger.

Je vous souhaite une agréable semaine.
Amitiés.

 

Réponse à Valentin :

Votre première question est celle qui m'a fait le plus réfléchir. Selon moi, le second principe de la thermodynamique, qui met en évidence l'irréversibilité des phénomènes, interdit une succession infinie de big bang. Il faut tenir compte aussi que l'espace se dilate et que par conséquent la matière et l'énergie se diluent peu à peu. En fait il s'agit d'une question pour un physicien et je vous prie de considérer comme provisoire ma réponse, jusqu'au moment où un physicien aura pu vous répondre avec certitude.
Mon instinct est que ce genre d'éternité est tout à fait impossible avec la structure de l'univers mais vous avez droit à autre chose qu'une réponse instinctive. J'aurais besoin de la collaboration d'un physicien et d'un mathématicien qui répondraient aux questions qui sortent de mes compétences.

Votre deuxième question par contre s'adresse à un philosophe et ne me cause aucun problème. Avant le Big Bang, il n'y avait pas d'espace et pas de temps et donc pas de matière et pas d'énergie ! Vous avez raison de dire qu'il n'y avait pas de "+" ni de "-". En fait la philo du Big Bang nous dit qu'il est même impossible de penser à ce qu'il y avait avant le big bang. Et pourtant là se trouvent notre origine et notre destin. Je vous suggère de relire le résumé de la Philosophie du Big Bang pour voir comment je résous ce problème.

Amitiés.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Ruyant :

A propos de la première hypothèse :

Vous dites qu'un univers infini est inintelligible. Il l'est pour les physiciens. Rien n'exclut que la perception d'un homme soit dépassée par une notion réelle.

Vous dites qu'ayant un âge fini, il n'a pas eu le temps de "devenir" infini. La théorie du big-bang nous dit qu'il a TOUJOURS été infini, même a l'origine. C'est la concentration des particules qui augmente quand on retourne dans le passe, d'où la notion d'expansion.

On apprend en mathématique que le nombre de combinaisons possibles de particules est d'un ordre supérieur au nombre de particules, quand celles-ci sont infinis. Il n'est pas exclu, et même fort probable ! que l'univers soit infini et ne se répète pas, et que l'on ne possède donc pas de sosies.

Il est dangereux d'utiliser les résultats scientifiques sans connaître la science.

Réponse à Ruyant :

Merci d'avoir exprimé vos idées.

La différence de point de vue entre nous provient sans doute du fait que j'utilise un raisonnement différent du vôtre. Pour moi l'infini est incompréhensible, même pour les physiciens, parce qu'il ne s'agit pas d'une quantité (qui pourrait être calculée) mais d'un absolu qui ne peut pas être calculé donc à fortiori qui ne peut pas être pensé.

Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il arrive que la perception d'un homme soit dépassée par une notion réelle. Ce serait le cas d'une cinquième dimension, dont on ne sait pas encore si elle existe mais qui peut déjà être calculée alors qu'il est impossible d'imaginer à quoi elle ressemble. Cette cinquième dimension peut être calculée alors que l'infini ne peut pas l'être.

La théorie du big bang ne va pas plus loin que le temps de Planck. Avant ce moment, nous n'avons aucune idée de ce qui s'est passé. Vous pouvez affirmer que l'univers a toujours existé et je peux dire qu'il vient de rien. N'ayant aucune preuve, nous avons tous les deux raisons.

Il me semble y avoir une erreur dans votre raisonnement exprimé dans votre troisième paragraphe. Le nombre de particules qui composent un être humain est limité. Dans un univers infini, au nombre de particules infini, il y a donc une obligation absolue de recommencer le même modèle une fois que toutes les possibilités ont été épuisées.

Vous serez peut-être intéressé de savoir que c'est un physicien qui a attiré mon attention sur ces faits.

N'hésitez pas à revenir afin de poursuivre cet échange d'idées.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Thierry :

La morale de la philosophie du Big Bang semble être la même que la morale chrétienne. Pourquoi créer une nouvelle philosophie alors que le christianisme a fait ses preuves depuis deux mille ans ?

 

Réponse à Thierry :

Cher Thierry,

Tout le monde n'a pas la foi et le christianisme n'est pas la religion de la majorité de l'humanité. C'est pour tous ceux qui sont en dehors que j'ai voulu démontrer qu'on pouvait arriver, par la science et le raisonnement, à une morale aussi élevée que celle proposée par le christianisme.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de André :

En lisant la première page de votre théorie sur la Philosophie du Big Bang, quelque chose dont nous avons déjà parlé précédemment m'a frappé :

Lors d'un autre mail, vous m'avez fait comprendre qu'il y aurait des paradoxes si l'univers était infini car on aurait tous une infinité de sosies etc.

Je discutais dans le train avec un ami de cela et il nous sembla qu'il y avait un paradoxe dans votre théorie. Voilà nos constatations :

Vous dites dans la théorie que les hommes veulent revenir dans le Monde Réel où nous étions UN donc où nous étions "Dieu" ou quelque chose d'infini et de parfait. Mais comme vous l'avez dit : il y a un paradoxe car des choses finies comme vous, moi et tous les choses de l'univers ne peuvent former quelque chose d'infini.

Je pense que je me trompe et je crois que l'erreur est que je n'arrive pas à interpréter le mot "UN", qui m'est difficile à imaginer. Je ne sais pas s'il y a un rapport entre le Dieu des religions, donc le Dieu parfait, infini, et le "UN" de votre théorie ?

J'espère que vous trouverez l'erreur ou les erreurs,

Bonnes salutations.

 

Réponse à André :

Merci de votre intéressante question. Vous n'avez pas fait d'erreur. Je vais refaire avec vous un bout du chemin de la Philosophie du Big Bang.

L'univers est fini dans l'espace et le temps, cela veut dire qu'avant d'être à quatre dimensions (ou plus) il était dans le monde réel sans dimensions et il sera sans dimensions après être retourné à l'avenir dans le monde réel. Il était donc infini avant et sera infini après. Cela veut dire que vous et moi, André, nous étions infinis avant d'être dans l'univers à quatre dimensions et nous serons à nouveau infinis quand l'univers aura disparu.

Je ne peux pas vous dire comment des êtres finis ou des choses finies deviendront infinies, ça c'est le mystère du monde réel qu'on ne peut pas comprendre, comme vous le savez maintenant. Cependant j'ai la logique pour moi : si on admet que l'univers est fini alors forcément il va retourner à ce qu'il était avant et avant il ne pouvait qu'être infini, puisque l'infini c'est le propre de quelque chose sans dimensions.

Vous avez bien compris le UN de la Philosophie du Big Bang qui est le même que le Dieu des religions, le Dieu parfait, infini, mais vous n'aviez peut-être pas encore saisi toute l'importance de la finitude de l'univers. Cette finitude exige un extérieur sans dimensions, donc infini.

A bientôt,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Anne-Claude (1) :

Je suis subjuguée par votre philosophie du Big Bang. Sa formulation correspond d'une façon précise et simple à tout le cheminement philosophico-intérieur que je fais depuis quelques années, au fil de mes lectures et de mes raisonnements.

J'ai deux questions cependant :

  1. Lorsque nous mourrons, passe-t-on de l'univers au monde réel, ou alors disparaissons-nous totalement ? Intuitivement, j'aurais envie de dire que nous rejoignons directement le monde réel avec un billet express. Ainsi, il existerait, malgré la lenteur de la vitesse de la lumière, un moyen beaucoup plus rapide d'y accéder... Utiliserons-nous de façon délibérée (impatients que nous sommes), et "scientifique" un tel moyen pour comprendre le sens de cet univers ?
  2. J'ai beaucoup de respect pour Vico qui, au XVIIIème siècle, disait que la seule manière de connaître une chose est de l'avoir faite, parce qu'alors seulement on sait quels sont ses composants et comment ils ont été assemblés. Ainsi, Dieu connaît sa création, alors que nous ne le pouvons pas... Mais vous semblez dire que notre univers peut être compris, or nous ne l'avons pas créé.
    Pouvez-vous m'aider à éclaircir mes confuses pensées à ce propos ?

Mille mercis d'avance.

 

Réponse à Anne-Claude (1) :

Première réponse : si vous lisez la partie de mon site "Précisions sur la Philosophie du Big Bang" en cliquant en haut à gauche de la première page, vous trouverez mes idées sur ce qui se passe quand nous mourons.

Deuxième réponse : heureusement que nous pouvons connaître des choses sans les avoir faites, sinon nous ne connaîtrions pas grand chose. Je ne vois pas de problème à ce que l’humanité connaisse un jour tout l’univers, puisque celui-ci est fini. C’est donc une question de temps. Mais il est cependant très clair que le Monde Réel échappera toujours à notre intelligence.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Anne-Claude (2) :

Votre réflexion sur la mort est fort intéressante. Elle va même de soi, une fois que l'on a adhéré à vos hypothèses philosophiques de départ (ce que j'ai fait avec grande conviction). Pourtant, c'est petite partie consciente de l'univers que je suis ne se résout pas à capituler si facilement. Elle veut trop se donner le droit d'exister aussi pour elle-même, et pas seulement comme uniquement simple partie du tout.

Vous qui faites si souvent référence aux textes bibliques, en mettant en évidence leurs analogies avec les sciences et la philosophie, vous avez sans doute explicité le fameux "Un et indivisible", "Dieu est partout à la fois, dans chacun de nous...". Mais pour faire un parallèle avec le jugement dernier, cette histoire de retour au monde réel sans être porteur d'une existence individuelle, ça me chiffonne. Je préférerais penser que, à notre mort, notre âme attend le jugement dernier (c'est-à-dire le retour au monde réel), quelque part, et qu'au moment de l'engloutissement final, elle retrouvera toutes les autres âmes de façon consciente, pour FORMER un tout, et non pas pour se fondre dans la masse du tout.

Peut-être ai-je trop envie d'exister pour concevoir que je ne suis rien de plus qu'une toute petite partie de l'univers. Mais alors, qui a fait naître en moi une telle impression personnelle d'exister individuellement ?

Avec toute mon amitié.

 

Réponse à Anne-Claude (2) :

J'ai moi aussi un grand plaisir à vivre et si j'en avais le choix, je mourrais le plus tard possible. C'est la nature qui nous a donné cet amour de la vie. Nous sommes programmés pour sauvegarder cette vie avec toute notre énergie.

J'aimerais vous parler de mon expérience philosophique. Quand je me suis rendu compte que mon vrai moi c'était l'univers tout entier, j'ai ressenti une libération, une grande joie. J'avais l'impression d'avoir grandi immensément d'un seul coup. Je n'avais plus le sentiment d'être moins qu'un grain de poussière dans l'immensité de l'univers. L'univers, c'était moi.

Remarquez que malgré tout cela, je reste un individualiste Le service militaire m'a laissé des souvenirs pénibles justement parce que je ne pouvais jamais être seul. J'ai aussi horreur de me fondre dans la masse.

J'espère que vous parviendrez peu à peu à cette plénitude philosophique qui ne diminue en rien l'importance de l'individu. Je ne vous suggère pas de capituler mais de triompher.

En ce qui concerne la possibilité de rejoindre le Monde Réel directement après la mort, je dirai ceci : Puisque nous ne connaissons rien du Monde Réel et de ses relations avec l'univers, on peut tout imaginer, avec le risque que tout soit fantaisiste. J'en reste donc à mon idée que nous ne retournerons dans le Monde Réel qu'après la disparition de l'univers. Ca peut paraître long, mais en fait, le temps vous a-t-il semblé long depuis le début de l'univers ?

Avec toute mon amitié,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Anne-Claude (3) :

J'aimerais moi aussi vous parler de mon expérience philosophique.
Quand je me suis rendu compte, moi, que mon vrai moi c'était l'univers tout entier, j'ai eu aussi cet instant de joie, de libération... parce que je suis en vie. Et dans ces dimensions-là, au travers de ma particule de conscience, je me sentais exister autrement, au-delà de ma petite personne. Quel sentiment merveilleux !

Mais aussitôt, j'ai pensé à la mort. Et là, ce sentiment de joie s'est transformé en sentiment d'angoisse. Je pense maintenant, je me sens individu et univers en même temps. Mais quand je mourrais, je ne serai plus qu'univers. Et alors, moi, l'individu comme je me sens maintenant, petite conscience de vie, que deviendrai-je ? Je disparaîtrai à jamais. Et ça, je n'arrive pas l'accepter avec joie. C'est comme si la nature, qui m'a donné cet amour de la vie, me demandait de le sauvegarder au-delà de la mort.
Cette façon de ressentir les choses fait que j'ai peur de la mort. Ou plutôt, j'ai peur de mourir. Comprenez-vous ?

 

Réponse à Anne-Claude (3) :

Je vous comprends parfaitement. Moi-même je ne mourrai pas avec joie. La seule chose que j'espère est de mourir sereinement, pour autant que les circonstances me le permettent.

Si votre peur de mourir est assez aiguë, alors je vous conseille de vous réfugier dans la foi, c'est-à-dire dans la religion, n'importe laquelle d'ailleurs. Celui qui a la foi se décharge complètement de ses soucis métaphysiques sur une autorité supérieure en laquelle il a une confiance infinie. Le résultat est qu'il se sent plus léger. Le philosophe par contre est seul avec ses angoisses, qu'il gère plus ou moins bien. Je crois que le sort des humains est d'être angoissé. Après tout, on n'est pas ici pour rigoler. (Clin d'œil).

Pour vous soulager il faut vous exprimer, par la parole ou par l'écrit. Pourquoi n'écririez-vous pas un livre racontant vos expériences ? Vous avez un style plaisant et vous n'êtes pas à court d'idées.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de E. :

Très impressionné par votre travail, je voulais vous demander si le futur est ce qu'on connaît pas et ce qu'on connaîtra jamais avant que le futur ne devienne présent ou juste un point du temps qui ne cesse de reculer, et en quoi la connaissance du futur peut changer le présent. 

 

Réponse à E. :

Le temps n'est que la mesure de la transformation de toute chose, il n'a pas d'existence propre.

Une partie du futur peut être découverte en analysant les mouvements du présent.
Si vous regardez rouler une boule de billard, vous connaîtrez sa destination finale.
Quand vous conduisez une voiture, vous changez de direction si vous vous rendez compte que vous vous dirigez vers un obstacle.

La connaissance du futur a changé votre présent.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur F. Broquerie :

Votre optimisme est sans appel.

Non pas que je trouve vos idées particulièrement réjouissantes mais plutôt, vous menez le raisonnement tambour battant, hissez haut compagnons. Nous allons de l'avant, l'univers deviendra conscient, voilà le sens de la vie, croyons-y jusqu'au bout...

D'une certaine manière, je pense la même chose, à quelques bricoles près bien entendu.

Nous évoluons, nous nous transformons et nous transformerons plus encore, manipulations génétiques ou pas, les dieux manipulent plus que nous ne manipulerons jamais.

Le hic est que dans tout ce raisonnement il y a un grain de sable, des grains de sable, ce n'est qu'une histoire de temps pour le découvrir et ainsi de suite jusqu'au prochain grain de sable. Comprendre la création, le créé... donc le créateur. Il y a là un inévitable seuil pour la machine humaine.

Nous existons en deçà de ce seuil dans un monde mouvant avec une pensée mouvante ou rien ne dure véritablement, aucune vérité, aucune raison ne résiste au temps, une seule certitude, la mort de chacun d'entre nous. Nous demeurons passants.

Nos spéculations et ce que crée l'humanité, tout cela a une fin, ne durent pas bien longtemps ainsi vous accepterez peut être de me comprendre quand je me permets d'avoir des doutes devant toute certitude, je dois même vous avouer, au risque de vous déplaire que je ne croie en rien, du moins rien de tangible en deçà de l'infranchissable, l'insondable disent les Asiatiques.

Par contre, j'adore spéculer, rêver, inventer, imaginer mais je ne veux pas être dupe, ce ne sont que des jeux pour enfants, pour les petits enfants que nous sommes...

Avez vous besoin de croire en vos idées, êtes vous prêt à les détruire. Ce ne sont pas des jeux innocents et pour chaque pas il y a un prix à payer.

Sur ce difficile chemin ou vous et moi, je pense, désirons avancer, il faut savoir faire table rase de nos certitudes, il faut se jeter dans l'insondable, mais attention, grand danger.

 

Réponse à Monsieur F. Broquerie :

S'il est vrai que le monde réel est impensable et qu'il existe une barrière infranchissable entre lui et nous, nous sommes par contre parfaitement équipés pour comprendre tout l'univers et y progresser jusqu'au moment ou il retournera dans le monde réel. Je ne partage pas du tout ce genre de désespoir qui semblait vous habiter quand vous m'avez écrit vos dernières lignes. Vous dites que rien ne dure véritablement, aucune vérité, aucune raison ne résiste au temps. Ce n'est heureusement pas vrai du tout. Certaines pensées de Platon qui vivait-il y a deux mille cinq cents ans sont toujours valables aujourd'hui, y compris dans la philosophie du Big Bang. Le commandement du Christ d'aimer son prochain, énoncé il y a deux mille ans est toujours aussi valable et le restera toujours. Le gigantesque effort fait par nos prédécesseurs pendant des milliers d'années pour comprendre le monde et améliorer nos conditions n'a pas été perdu. Vous bénéficier vous-même, aujourd'hui, de tout ce capital qui a été amasse. La vision de tout cela ne m'incite pas a sombrer dans le désespoir mais au contraire me donne des forces pour aller de l'avant. Je n'ai pas le droit de trahir mes prédécesseurs ni mes successeurs. Je suis un maillon de la chaîne et je ne veux pas qu'elle casse à cause de moi. Elle cassera si je tombe dans le désespoir ou le doute intégral.

J'aimerais être avec vous ce soir au coeur de l'Auvergne, avec une bonne bouteille de bordeaux. Ce serait meilleur pour rapprocher nos ides que cent E-Mail.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur Laurent Ghyselinck :

Je m'excuse de ce retard dans ma réponse, mes études ne me permettant pas d'être très disponible. Je vous remercie de votre réponse et j'aimerais, si vous le permettez, vous donner mon avis sur certaines choses que vous avez soulevées. D'abord, vous dites que le monde réel n'étant pas aussi bon qu'on le pensait, sa qualité d'absolu et de perfection peut être mise en cause et ainsi nous inquiéter. Vous faites également référence aux chrétiens, qui se posent le même problème de la perfection ou de la toute puissance divine. A cela, permettez-moi de réagir.

Lorsque vous dites que le monde réel est impensable, c'est vrai. Il l'est scientifiquement et raisonnablement, mais pas logiquement, car comme le mal, la logique est un concept issu du monde réel, que je pourrais de plus appeler une vérité absolue puisqu'elle s'applique à tout, y compris le monde réel. L'illogique étant le chaos et le monde réel étant un absolu, le monde réel ne peut pas être vérité et mensonge à la fois. Je ne sais pas si vous voyez ou je veux en venir, je vais préciser ma pensée.

Le monde réel est et reste un absolu, une vérité indéniable, puisque chaque chose qui constitue l'univers est issue de celui ci. Il ne faut pas considérer que l'univers et le monde réel existent l'un par rapport à l'autre chronologiquement, mais logiquement. Chaque concept de l'univers a sa cause dans le monde réel. Un absolu ne saurait être contesté dans son infinité et sa perfection. Aussi, admettre que le mal vient du monde réel est déroutant. Mais c'est un faux problème. Comme je l'ai dit, chaque chose existe dans le monde réel à l'état de concept. Leur expression ne saurait être que dans l'univers, puisque la cause et l'expression ne sauraient coexister dans une seule et même chose. De là il est aussi facile de partir sur Dieu. Pourquoi Dieu laisse t il le mal exister sur la terre ? Dieu est donc imparfait. Non, car en laissant le mal exister, Dieu maintient sa perfection. Blasphème, me diront les croyants. Mais c'est un absolu, Dieu est infini et donc infiniment puissant et infiniment bon. Mais pourtant il laisse le mal exister. Bien sur, mais Dieu possède le mal à l'état de concept. Lui, l'infiniment omniscient sait très bien que le bien est infiniment supérieur au mal. Mais pour être parfait, il doit tenir compte de tous les concepts. Rejeter le mal lui est impossible ou plutôt il ne le veut pas. Une façon d'actualiser le mal, de le faire passer à l'état de réalité, c'est de l'exprimer dans la création. Cela ne résout pas le problème, me direz vous. En effet, Dieu est alors obligé de faire la création. Il n'est donc pas libre et donc pas parfait. Oui mais Dieu est absolu, donc Dieu est la nécessité, car il est tous les concepts qui existent. D'ailleurs une infinité de concepts puisque l'infini est lui-même un concept. En actualisant le mal dans la création, Dieu s'obéit à lui-même. Il est donc libre, dans le sens absolu du terme, puisque rien n'entrave sa liberté, même pas lui-même.

Je ne sais si je me suis bien fait comprendre, mais il me semble que vouloir renier toute réflexion sur le monde réel entrave la vision que l'on pourrait se faire de celui ci. Je ne cherche pas à modifier votre philosophie qui est somme toute excellente. Je veux essayer de réfléchir sur le monde réel et son essence. Je crois qu'il ne faut pas renier la logique qui nous permet de réfléchir sur le monde réel, certes indirectement, mais de façon assez convaincante pour nous permettre de comprendre, ou du moins d'essayer de comprendre le pourquoi.

 

Réponse à Monsieur Laurent Ghyselinck :

(J'ai perdu la réponse à Laurent Ghyselinck à la suite de manipulations informatiques malheureuses. Mais comme le sujet est important, j'ai essayé de la reconstituer.)

Pour moi, le monde réel est impensable scientifiquement, raisonnablement et logiquement. On ne peut pas appliquer la logique, comme Laurent le fait, au monde réel. La logique s'arrête aux limites de l'univers. Dans le monde réel, il n'y a pas de causes et de conséquences pas plus qu'il n'y a de concepts. Le monde réel n'est pas intrinsèquement bon ou mauvais. Il est au-delà du bien et du mal. Quand je dis dans ma troisième hypothèse que nous étions mieux dans le monde réel, j'admets implicitement que le monde réel est meilleur. Mais ceci n'est valable que pour ceux qui comme moi le trouve meilleur. En fait, je le répète, le monde réel est au-delà du bien et du mal. Le monde réel est au-delà aussi de la vérité ou du mensonge.

Ne croyez surtout pas que je suis heureux de constater que le monde réel est totalement en dehors de nos investigations. Je suis triste de constater, par exemple, que nous n'aurons jamais de réponse, tant que l'univers existera, à la question pourquoi l'univers existe t il. Mais je suis obligé d'accepter la propre logique de la philosophie du Big Bang.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur Laurent Ghyselinck :

En lisant les réponses que vous avez données aux questions posées, j'ai remarqué qu'à la question "D'où vient le mal ?" Vous avez répondu qu'il est né avec l'Univers et qu'il disparaîtra lorsque l'Humanité retournera dans le Monde Réel.

Permettez-moi de vous dire que je ne suis pas d'accord avec cette remarque :
Cela signifierait que la cause du Mal est le Big Bang. Or, le Big Bang ne peut être une cause incréée. La matière qui compose l'Univers et qui a été dispersée par le Big Bang, ne peut en aucun cas être la conséquence de celui-ci.

Selon moi, la cause d'une chose est toujours à rechercher hors de cette chose, c'est pour cela que je pense que la cause du Mal est à rechercher dans le Monde Réel, non pas dans son expression (puisque comme vous l'avez dit fort justement dans votre philosophie, le Monde Réel n'est pas Raisonnable) mais plutôt dans son existence en tant que concept.

J'ai peut être mal compris vos propos, et c'est pour cela que je vous pose Ces questions : quelles sont les "caractéristiques" du Monde Réel ? Comment ne peut-il pas ne pas représenter un concept s'il est infini ?

En vous remerciant, et attendant votre réponse, veuillez recevoir mes sincères salutations philosophiques.

 

Réponse à Monsieur Laurent Ghyselinck :

Votre question est excellente parce qu'elle montre les limites de la philosophie. En bonne logique, vous avez raison : la cause du mal est à rechercher dans le monde réel. Le problème c'est que le monde réel est en dehors de la logique, en dehors de la pensée. Lorsque je dis que le mal est né avec l'univers, j'admets implicitement qu'il s'est passé quelque chose avant, dans l'impensable. C'est d'ailleurs philosophiquement inquiétant parce que cela signifie que le monde réel ne serait finalement pas aussi bon qu'on le pensait. Il ne pourrait pas non plus être absolu puisque notre univers existe.

Les chrétiens sont dans le même embarras que les philosophes quand on leur pose cette question : Si Dieu est tout puissant et tout bon, pourquoi laisse-t-il le malheur exister sur notre terre ? Cela voudrait dire :
1) qu'il n'est pas tout puissant
2) qu'il n'est pas tout bon. A cela les chrétiens répondent que la sagesse de Dieu dépasse la nôtre et qu'il faut lui faire confiance. Ma réponse n'est pas meilleure : je dis que le monde réel est impensable, mais cela me laisse sur ma faim. Nous sommes aux limites de la pensée humaine. Je sais aussi que jamais, tant que notre univers existera, nous n'aurons de réponse à la question la plus fondamentale : pourquoi l'univers existe-t-il ? Parce que la réponse est dans le monde réel. Mais c'est très frustrant pour un philosophe.

Les caractéristiques du monde réel sont décrites dans mes constatations 1 et 2 et dans mes hypothèses 1 et 2.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Madame Nathalie :

Bonjour !

Votre site est merveilleux ! Je suis étudiante au collège et mes cours de philosophie me passionnent... et j'ai donc pour vous quelques questions !

Premièrement, que pensez-vous du voyage dans le temps ? Je sais que, en théorie, cela est possible, mais j'attends votre réponse, qui dois être fort original...

Croyez-vous en Dieu ? Question directe... et Descartes lui a répondu d'une façon qui ne me convient pas.

Merci

 

Réponse à Madame Nathalie :

Pour moi le temps n'existe pas par lui-même. Il n'est que la mesure de la transformation de toute chose. Donc il est fondamentalement impossible de voyager dans le temps. Les mathématiques disent le contraire et le physicien britannique Stephen Hawking a longtemps été persuadé que c'était possible. Mais il a dû déchanter. C'est impossible.

Si vous avez lu le résumé de ma philosophie de Big Bang, vous voyez que j'accorde une grande importance au monde réel qui est en dehors de notre univers.
Vous pouvez remplacer les mots "Le monde réel" par le mot "Dieu", cela ne me gênera pas beaucoup. Donc, oui je crois en Dieu mais je préfère l'appellation "Monde réel" parce que le mot Dieu est trop chargé d'émotions et qu'il fait trop penser à un individu, avec ses bons et ses mauvais côtés. Le monde réel est la chose la plus abstraite qui existe puisqu'on ne peut même pas la penser, seulement indirectement. On est loin des qualités de Dieu, qui serait bon, généreux, compatissant, mais qui parfois se met en colère et punit cruellement. Selon moi, il faut déshumaniser Dieu. Malheureusement, on interprète ce verbe en français dans le sens où on enlève les qualités de l'humain. Il faudrait donc reprendre le sens premier du verbe et dire qu'on enlève les qualités et les défauts.

Vous comprenez maintenant pourquoi je parle de monde réel et pas de Dieu.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur Sauveur Brignano :

La lumière, émettrice de photons, est immatérielle bien que source d'énergie. Sa vitesse ne peut être égalée par aucune matière sauf a être prise par l'attraction gravitationnelle d'un quasar ou trou noir pour s'engouffrer dans un monstrueux tourbillon.

Sur cet axiome incontournable que la limite supérieure de toute vitesse physiquement possible est la vitesse de la lumière se fondent d'ailleurs les lois de la gravitation et de la relativité qui régissent l'univers. Le destin de l'humanité reste donc attaché à celui de la terre. Par contre, il est logique de penser que d'autres êtres peuvent peupler l'univers, même si, considérant les distances a parcourir et s'ils sont aussi éphémères que nous le sommes, ils resteront toujours isoles.

Pour être admiratif a l'égard de la science, je n'ai qu'a regarder la carte mère de mon ordinateur. Mais quand je pense à toute la puissance que contient le soleil, astre moyen sinon petit parmi les astres... La terre n'est qu'un grain de poussière.

C'est vrai, j'aurais du dire : notre esprit est-il seulement une organisation éphémère de neurones. En effet, l'organisation est bien complexe ; c'est pourquoi je nourris le faible espoir qu'il en restera quelque chose, la pensée, sans laquelle je n'existe plus. La matière ne m'intéresse pas car je sais qu'elle sera perdue du moins dans sa forme actuelle, et qu'elle n'est rien sans la pensée.

A propos de matière, le clonage dont il est fortement question aujourd'hui pourrait être une façon de prolonger l'homme y compris son cerveau. Cependant, même a l'identique, le cerveau ne pourrait contenir le Savoir de son géniteur car ce savoir n'est pas inscrit dans les gènes, il s'acquiert ; quant a prolonger la pensée... Sur ce point, nous sommes inférieurs a la fourmi qui, comme l'a fait remarquer Jean Rostand, sait toujours organiser une fourmilière même si elle est née en dehors du contexte naturel.

Quand vous dites : Je reste persuade que l'Humanité n'est pas la par hasard et sans but, mais qu'elle a été voulue et qu'elle a une mission vous devenez mystique. Je suis réconforté par cette foi raisonnable ; j'ai besoin d'échanger des idées avec une personne qui croit en une Autorité Suprême, sans s'appuyer sur des postulats religieux. Je n'ose pourtant pas donner autant d'importance a l'Humanité.

Il me faut aller au-delà du Big Bang pour rechercher ce Dieu car en deçà je ne vois que matière incandescente dans l'immensité glaciale des ténèbres.

Gérard de Nerval a écrit :
En cherchant l'oeil de Dieu je n'ai vu qu'un orbite
Vaste, noir et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

Merci encore de m'avoir accorde de votre temps.

 

Réponse à Monsieur Sauveur Brignano :

Je sens une certaine angoisse dans vos propos qui a pour origine l'importance trop grande que vous donnez à votre personne. A cause de cela, vous vous sentez vulnérable, insignifiant face à un univers effrayant. Par contre si vous acceptez que votre vrai moi c'est l'univers tout entier, vous vous sentirez beaucoup mieux. Peux importe alors que notre vie ne dure que quelques dizaines d'années dans le meilleur des cas. Cela ne signifie pas que notre vie est inutile, au contraire. Nous sommes les députés de l'univers, élus par le destin, pour la durée de notre vie. Nous pensons et nous agissons au nom de tout l'univers. Alors il s'agit de bien penser et de bien agir. Nous avons une grande responsabilité. J'espère que la philosophie du Big Bang vous rendra finalement heureux et serein, comme elle l'a fait pour moi.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur Jean-Marie :

Notion de créateur.

Si on part du principe d'un univers infini, et beaucoup de physiciens le pensent, quel serait donc le rôle de dieu en tant que créateur. L'expansion de l'univers désigne le fait qu'une seconde avant il était plus petit ? Donc forcément fini.

Je ne crois pas a l'infini même en mathématique car cela impliquerait qu'il y ait autant de nombres entiers que de nombres décimaux. Et savoir ce qui se passait auparavant ne paraît pas très importants car il n'y a aucune influence sur ce qu'il se passe maintenant.

Croyez vous a l'indéterminisme ?

 

Réponse à Monsieur Jean-Marie :

"Notion de créateur."

Je partage votre opinion. Dire que l'univers est infini, c'est admettre qu'il sera à jamais inexplicable, qu'il restera éternellement absurde. Cela signifie aussi que, quelle que soit l'option choisie, univers fini ou infini, on tombe sur un mur que l'intelligence ne traversera pas.

"Infini en mathématique."

Je ne crois pas non plus à l'infini en mathématique. D'ailleurs, en mathématique, il y a des infinis qui sont plus grands que d'autres.

"Savoir ce qui se passait auparavant ne paraît pas très important."

Là je vous ne suis plus. C'est tout le contraire de mon propre raisonnement. Regardez mon hypothèse No 2.

"Croyez-vous à l'indéterminisme ?"

Regardez SVP ma réponse d'aujourd'hui à M. Brignano, sur la question des mouvements aléatoires ou non de l'univers. J'ajouterai que mon déterminisme n'est pas de ceux qui ne laissent plus de choix à l'individu. Au contraire, il nous faut mettre toutes nos forces dans ce que nous croyons, déterminisme ou pas.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur Sauveur Brignano :

Merci d'avoir répondu a mes remarques. J'ai lu vos diverses réponses ; elles me conduisent à aborder le sujet différemment.

Le décalage de l'infrarouge dans les radiations lumineuses en provenance des galaxies a fait dire aux scientifiques que l'univers est probablement en expansion. Ils en ont déduit surtout que tous les objets célestes sont schématiquement sur des trajectoires convergentes en un point, celui du Big Bang qui pour l'instant est une pure déduction mathématique.

Les scientifiques ont par contre observe l'existence d'antimatière. C'est, ont-ils dit, l'ensemble des antiparticules élémentaires qui, rencontrant leurs symétriques, s'annihilent en produisant de l'énergie. Ils sont ainsi partis de l'idée qu'a l'origine de l'univers il y avait un mélange tenu de particules et d'antiparticules à parts égales. Ce mélange s'est contracte d'abord par gravitation puis par réaction d'annihilation. Ces dernières réactions libérant toujours plus d'énergie jusqu'à un point critique : le Big Bang qui marque le début de l'expansion.

Voilà qui fait reculer l'origine de l'univers d'un temps indéterminé, celui de la création puis de la contraction de la matière, et qui pourrait être plus long que celui de l'expansion. Ainsi on peut penser qu'un espace plus grand que celui que remplit l'univers en expansion était occupe par cet ensemble initial tenu, avant de se contracter. On en déduit en toute logique que le Big Bang ne peut être l'origine du temps et de l'espace. De plus il semble évident qu'il n'a pu naître du Néant et que l'univers ne peut non plus avancer dans le Néant. Cet univers dont la finitude dépend du signe d'un facteur K, arbitraire, qui varie au gré des astrophysiciens.

Vous avez écrit : "Quand l'humanité aura réussi à retourner l'univers dans le monde réel". Pour répondre à cette phrase, il est sur que grâce à la science, les hommes évolueront dans le système solaire, mais au-delà...Les temps de parcours se comptent en millions voire en milliards d'années, même si l'on va aussi vite que la lumière. Que peut espérer l'humain qui ne vit que cent ans... Que peut faire cette pauvre humanité devant les cataclysmes qui font et qui défont les astres ? On sait que le soleil est arrive à la moitié de son existence et qu'a son terme il deviendra une géante rouge qui s'étendra jusqu'à la terre pour la cuire à 3000 degrés. Le destin de l'humanité est de toute évidence lie au destin de son dieu RA. Imaginer qu'elle pourra maîtriser l'univers est une utopie.

Je n'ai pas compris qu'il pouvait y avoir plusieurs univers. L'Univers est par définition l'ensemble de tout ce qui existe ; sa composante est la particule élémentaire, toujours la même, qui, n'en déplaise à Lavoisier a été créée car elle ne peut être issue du néant.

La métaphysique, dit le dictionnaire, peut être considérée comme une spéculation sur ce qui dépasse l'expérience. Ne maîtrisant pas tous ces sujets je crains de faire sourire ; mais il me semble que nous ne connaîtrons jamais le début des temps ni comment s'est créée cette matière première.

Et pourtant il a existe une puissance créatrice d'une telle immensité et je suis persuade qu'elle existe encore. S'est-elle bornée à disséminer cette matière pour qu'elle évolue de façon aléatoire ? L'astrophysicien prétend que seule l'évolution aléatoire, par laquelle les imperfections se sont éliminées d'elles-mêmes, a pu conduire à la perfection que nous connaissons.

Le créateur initial peut-il être matière ? Sûrement pas ; alors il est esprit. Et notre esprit... est-il une simple organisation éphémère de neurones ?

 

Réponse à Monsieur Sauveur Brignano :

"Le Big Bang ne peut être à l'origine du temps et de l'espace."

Il est théoriquement possible que le Big Bang, cet événement qui s'est passé il y a environ quinze milliards d'années, ne soit pas à l'origine de l'univers, mais qu'il y ait eu d'autres Big Bang avant lui ou tout autre phénomène d'ailleurs. Ce qui est important, c'est de savoir que, Big Bang ou pas, l'univers est fini ainsi que l'espace et le temps. Une fois qu'on a accepté ce point de vue, on est obligé d'admettre qu'à l'extérieur de l'univers notre raison est totalement impuissante. On ne peut ainsi pas dire que l'univers est né du néant. Cette notion de néant est valable dans l'univers mais pas au dehors.

"Imaginer que l'humanité pourra maîtriser l'univers est une utopie."

Il y a une constante dans l'histoire de l'humanité : l'acquisition de toujours plus de connaissances et l'augmentation de puissance qui en découle. Au rythme actuel des découvertes, que pourrons-nous faire dans mille ans, dans un million d'années, dans cent millions d'années ? Ce qui paraît utopique aujourd'hui semblera tout à fait normal après demain. J'admets cependant qu'il y a un rocher énorme sur la route de la conquête de l'univers et personne ne sait aujourd'hui comment le contourner. Il s'agit de la vitesse de la lumière, qui est beaucoup trop lente au niveau cosmique. Si nous ne pouvions pas dépasser cette vitesse, d'une façon ou d'une autre, alors cela voudrait dire que la quasi-totalité de l'univers nous serait pour toujours inaccessible. Je me console en me disant que nous ne sommes qu'au début de notre compréhension scientifique de l'univers. Je reste persuadé que l'humanité n'est pas là par hasard et sans but mais qu'elle a été voulue et qu'elle a une mission. J'ai tenté dans la philosophie du Big Bang d'esquisser cette mission. Sans doute à l'avenir, avec des connaissances supplémentaires, nos descendants arriveront à préciser cette mission.

"Nous ne connaîtrons jamais le début des temps."

Pour moi, il n'y a aucun doute que l'humanité avancera jusqu'au limites de l'univers et qu'elle connaîtra avec précision le début du temps.

"La matière évolue de façon aléatoire ?"

Ca dépend à quel niveau vous vous placez. L'univers est comme une grande loterie à numéros. Cette loterie a été conçue, planifiée, pour produire en moyenne un millionnaire par semaine ici en Suisse. C'est les mathématiques qui ont prévu ce résultat. Par contre elles ne disent pas qui va gagner. Ca, c'est le hasard qui le décide. L'univers, comme la loterie à numéros, semble être un ensemble de planification et de hasard.

"Notre esprit est-il une simple organisation éphémère de
neurones ?"

On ne peut pas parler d'organisation simple puisque c'est la plus complexe connue à ce jour. Par contre le qualificatif d'éphémère est juste. Je vous sens un peu déçu de n'être que cela. Pour vous repomper un peu, Monsieur Brignano, je vais vous dire que votre vrai moi ce n'est pas votre corps et votre cerveau, avec son organisation éphémère de neurones. Votre vrai moi c'est l'univers tout entier. Voilà qui va vous donner une nouvelle perspective de vous-même.

Jean-Pierre Burri

  

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Question de Monsieur Noël Gascon :

Je suis tombé par hasard sur votre page et je l'ai trouvé intéressante.
J'y reviendrai probablement à l'occasion puisque je m'intéresse à la philosophie et à la physique. Pour l'instant, je vous transmets humblement quelques interrogations à propos de votre philosophie du bigbang.

1) Dans la première hypothèse où vous admettez que l'univers est fini, vous affirmez qu'un univers infini présenterait des particularités absurdes qui impliqueraient, par exemple, une infinité de répliques, ce que nous n'avons bien sûr jamais observé. J'entends ici que vous rejetez la notion de fini dans la notion d'infini et la notion d'infini est alors aussi absurde qu'inconcevable.

En admettant que notre univers est l'effet d'une cause extérieure, cette dernière devrait tout aussi bien être à son tour un effet d'une autre cause extérieure, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on aboutisse à une "cause extérieure absolue" (puisque bien sûr on doit rejeter la réalité de la notion d'infini). Mais comment un univers peut-il s'expliquer par lui-même ? La notion de cause extérieure absolue n'est-elle pas aussi inconcevable et absurde que la notion d'infini absolu ? ... Il me semble que c'est plutôt la notion d'absolu qui n'a pas de sens réel.

2) Comment en arrivez-vous à la conclusion que la notion de vide ne s'applique qu'à l'univers ? Physiquement, qu'entendez-vous par "plein ?"

Je vous remercie à l'avance et espère pouvoir poursuivre la discussion.

Noël Gascon,
Montréal, Québec.

 

Réponse à Monsieur Noël Gascon :

"Interrogation sur hypothèse 1."

1) Tout ce qui existe dans l'univers est fait d'un nombre fini d'atomes : vous, moi, notre planète, tout. Cela signifie qu'il y a un certain nombre de possibilités (très grand) de faire des êtres humains différents, mais ce n'est pas un nombre infini. Après x copies, on retrouvera forcément quelqu'un qui existe ou a déjà existé, semblable jusqu'au dernier atome. Dans un monde infini, où on trouverait des objets ou des êtres finis, on arriverait obligatoirement à une duplication, au moment ou toutes les possibilités (finies) ont été utilisées. Il n'est donc pas nécessaire d'observer une telle situation pour savoir qu'elle pourrait exister.

"Cause extérieure."

Il ne faut pas oublier qu'au-delà de l'univers, dans le monde réel, notre intelligence ne peut plus fonctionner parce qu'il n'y a plus de dimensions sur lesquelles s'appuyer. Il est donc impossible de dire, qu'une cause extérieure serait l'effet d'une autre cause extérieure. Dans le monde réel, il n'y a pas de causes. Il est impensable et incalculable.

2) Le vide est contraire du plein, ou si vous voulez l'affirmation "il y a" est le contraire de "il n'y a pas". Dans le monde réel, affirmer "qu'il y a" est aussi faux que dire "il n'y a pas". Je suis d'accord avec vous pour affirmer que dans notre univers, il y a beaucoup de significations du mot "plein". Cela n'est pas important dans notre discussion philosophique.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Question de Monsieur Gérard Treyssenge :

Devons nous souhaiter avoir des passions ?

 

Réponse à Monsieur Gérard Treyssenge :

La philosophie du Big Bang donne certaines réponses à des questions fondamentales et elle exige une moralité de tous les instants mais j'ai peur qu'elle ne dise rien sur votre question précise. Il vous faudra donc vous contenter de ma réponse personnelle subjective.

Si vous avez la passion de la justice ou de la vérité ; qui s'en plaindra ? D'un autre côté, je me méfie de la passion, qui est en fait le triomphe de l'émotion sur l'intelligence.
Chacun a son style, n'est-ce pas, et l'important est de faire le bien avec sa personnalité et son caractère.

Jean-Pierre Burri

 

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Question de Monsieur Daniel :

Je trouve très intéressante votre théorie mais peut être un peu limité par la matérialité. Si nous visitons l'univers des essences non palpables nous tombons dans l'abstrait qui ne peut être défini, même si l'imagination est chose du matériel il est difficile d'y limiter son action, pour exemple le big bang n'est peut être pas un phénomène unique et peut être y a t'il d'autres univers parallèles, selon notre définition de l'univers. Cette situation remet en question la théorie de la personne unique de l'infini.

 

Réponse à Monsieur Daniel :

Le monde réel est immatériel par essence et vous trouvez que ma théorie est limitée par la matérialité. Etes-vous sûr d'avoir bien compris ? Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il y a peut-être eu d'autres Big Bang et qu'il existe peut-être d'autres univers parallèles, mais pour moi tout cela forme une sorte de super univers qui est fini.

Jean-Pierre Burri

 

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Question de Monsieur Jacques Gelineau :

D'après toi Jean Pierre, quelle est notre origine commune ?

 

Réponse à Monsieur Jacques Gelineau :

Dans le monde réel il n'y a pas d'espace, pas de temps donc pas de dimensions. Nous ne pouvons pas imaginer un tel monde mais il est possible d'en déduire certaines caractéristiques. Comme il n'a pas de dimensions, ce n'est pas un monde de pluralité comme le nôtre, il est un. Nous étions un quand nous étions dans le monde réel, donc nous avons une origine commune.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Monsieur Sauveur Brignano :

Je ne comprends pas que l'espace et le temps soient générés par le Big Bang.

- En ce qui concerne l'espace, pourquoi n'existerait-il pas au-delà des objets célestes, de dimensions infinies et capables de tout contenir dans le futur ? Ce pourrait être un élément du "Monde extérieur".

- L'évolution de l'univers est-elle cyclique... Les trous noirs sont-ils l'effondrement inéluctable des galaxies ? Finiraient-ils par tout engloutir, pour, en se réunissant en un gigantesque gouffre, provoquer un autre Big Bang, fermant ainsi la boucle. Il n'y aurait plus d'origine du temps.

Mais alors l'univers serait fini dans l'espace, dans le "Monde extérieur".

- Mais il ne s'agit là que de matière. Pour la dépasser il faut aller jusqu'au Maître du Monde extérieur qui, à la satisfaction des scientifiques, a laissé cette matière évoluer de façon aléatoire jusqu'à ce qu'elle soit capable de contenir l'esprit, celui que nous voudrions immortel, sans oublier pourtant de lui donner notre contour charnel. En effet que signifierait pour nous être transformés en atomes ou autres particules dispersés dans l'espace, incapables de prolonger notre pensée.

- J'implore votre indulgence. Sauveur Brignano, Avignon.

 

Réponse à Monsieur Sauveur Brignano :

Il est difficile de comprendre que l'espace et le temps soient générés par le Big bang, mais c'est une réalité scientifique, il faudra s'y faire. Je suis un philosophe et pas un religieux et ma base de départ c'est la réalité scientifique, cependant je crois que nous ne sommes pas si loin l'un de l'autre. Il est difficile de communiquer autrement que superficiellement par Internet et je me rends compte que rien ne vaut une bonne discussion. Je vous suggère de lire le courrier que j'échange avec d'autres personnes. Cela vous donnera peut-être une meilleure idée de la philosophie du Big Bang.

Meilleures salutations,

Jean-Pierre Burri

 

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Question de Monsieur Jacques Gelineau :

D'ou vient le mal ?

 

Réponse à Monsieur Jacques Gelineau :

Pour moi, le mal vient de la naissance de l'univers, avec l'apparition de l'espace et du temps qui nous a tous séparés et qui nous fait se heurter les uns contre les autres.

Cette situation durera jusqu'au moment où l'humanité aura réussi à retourner l'univers dans le monde réel, mais nous pouvons déjà améliorer notre sort aujourd'hui en nous souvenant de notre origine commune et en traitant l'autre comme s'il était nous-même.

Jean-Pierre Burri

 

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Remarques de Monsieur H.B., Genève :

Je vous félicite de votre recherche et de votre approche dont je partage, dans l'ensemble, les grandes orientations et surtout la conclusion. Veuillez simplement me permettre de me borner à quelques observations et références qui me sont venues à l'esprit en vous lisant et qui pourraient être matière, le cas échéant, à un approfondissement.

Comme vous le savez, la notion de fini et d'infini dont je crois bien comprendre le sens où vous les entendez a reçu un éclairage nouveau surtout depuis les travaux d'Einstein en physique et de Bergson en philosophie. Selon le premier, elles sont l'une et l'autre corrélatives à la manière d'un cercle dont on peut dire qu'il est à la foi fini et infini puisque chaque point terminal est un point de départ. Quant à Bergson, il est intéressant qu'il ait introduit la distinction entre le temps et la durée, le temps étant linéaire et quantitativement, objectivement le même pour tous tandis que la durée relève de l'expérience vécue, psychologique, particulière à chacun comme il arrive lorsque nous disons qu'une consultation médicale ou une pièce de théâtre ont passé plus vite ou plus lentement en fonction de ce qui a eu lieu. Dans cette perspective, l'éternité ne serait pas un temps infini mais une intensification de la durée vécue, un changement sans rien qui change à la manière d'un morceau de musique qui nous élève au-dessus de l'instant qui passe.

Vous êtes totalement dans le vrai, à mes yeux, en soulignant que la théorie du Big Bang confirme la vision d'un commencement et d'une fin, d'un intérieur et d'un extérieur de l'univers. Que l'on ne puisse parler d'espace temps pour ce dernier est l'évidence même.

A mes yeux, l'expérience religieuse bien comprise consiste à découvrir qu'il existe dès maintenant et ici-bas des possibilités de contact, d'interférence entre le monde supérieur, comme je dirais, et le monde fini. Quand, par exemple, l'apôtre Paul dit que l'amour -au sens élevé, divin de ce terme- ne passera jamais, il fait état d'une irruption possible de l'infini dans le fini. Par ailleurs, lorsque le Nouveau Testament parle des cieux au pluriel, il veut dire que le monde réel, transcendant, comporte des niveaux ni pensables ni calculables (bien qu'il en dénombre 7 selon les idées de son temps), Dieu se situant à la cime et communiquant son énergie sous forme de lumière et d'Esprit aux créatures finies que nous sommes.

Je rejoins tout à fait votre conclusion qualifiable, dans le jargon des théologiens d'eschatologie (ce qui vient en dernier). Il y a en effet un déroulement par étape, un passage de flambeau dans un conteste, à mes yeux, dualiste voire conflictuel de l'histoire aussi bien cosmique qu'humaine et planétaire une marche à la dégradation voire au néant, d'un côté, que l'on pourrait qualifier d'entropie et une marche à l'accomplissement de la vie de l'autre qualifiable de néguentropie ou d'information au sens moderne et actuel du terme qui, hérité d'Aristote, désigne tout simplement le phénomène de structuration et de mise en forme par opposition au chaos.

 

Réponse à Monsieur H.B. :

Pour moi la finitude de l'univers est un nouvel absolu qui conditionne tout le raisonnement de la philosophie du Big Bang Si on accepte cette finitude, alors il n'y a pas moyen d'échapper à toutes les conséquences de cette philosophie.

Jean-Pierre Burri

 

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Remarques & Questions de Monsieur Laurent V. :

Tout d'abord, veuillez excuser mon peu de dialectique ; mon niveau d'étude étant ce qu'il est, je ne saurais faire mieux. Cela ne m'empêche pas de m'interroger sur les origines et le devenir de l'homme, ainsi que d'essayer avec mes maigres moyens de mieux comprendre la vie ; qui au regard d'une certaine logique peut sembler absurde(début, fin, pourquoi ?).Ce sont donc des questions existentielles qui m'ont amené à entreprendre des recherches.
Qu'est-ce que la doctrine bouddhiste peut apporter à la philosophie du big-bang ?
Il fait savoir qu'elle considère, comme vous, l'Univers en tant qu'illusion, et la réalité en tant que vacuité. Pourquoi illusion ? Parce que l'esprit, dans son ignorance, aborde la réalité de manière dualiste (intérieur/extérieur), donc qu'il se différencie en tant qu'objet ayant une nature propre. Or le Bouddhisme tente d'expliquer qu'il n'est rien dans l'univers ayant une nature propre, aucune entité immuable et éternelle. La seule vérité semble être celle du changement, de l'impermanence. Ainsi, au regard d'une certaine lucidité, le monde apparaît comme un rêve, comme 1 illusion tenace. Il nous est, par exemple, impossible de saisir le Présent, car dès qu'on le conçoit, il appartient déjà au passé. Il est la frontière "virtuelle" entre passé et futur. Il appartiendrait à ce "monde extérieur" dont vous parlez.
Comme le dit un vieil adage chinois, "plus on cherche la réalité, moins on la trouve", car elle sort du champ conceptuel.
J'ai lu quelque part que l'homme se différenciait de l'animal par sa conscience, ce pouvoir qu'il a de savoir qu'il sait. Pourtant, je remarque, par expérience, qu'il sait aussi qu'il ne sait pas.
Maintenant, je me demande comment un homme, il y a 2500 ans, a réussi sans aucun support technologique à saisir cette vérité : la réalité échappe à tout concept !
Le plus merveilleux dans les propos du bouddha(l'éveillé), c'est qu'ils annoncent la possibilité pratique de ce retour au UN. A expérimenter !
Comme vous l'aurez remarquer, je m'exprime assez mal et mon développement manque de méthode. Je ne suis que questions. Mais je vous invite à vous renseigner sur le bouddhisme et sa doctrine, le dharma ; il se pourrait vous y découvriez quelques inspirations.
Merci d'avance pour toute réponse et toute aide en vue d'un éclaircissement.

 

Réponses à Monsieur Laurent V. :

J'ai étudié le bouddhisme et ma femme est de religion bouddhiste. C'est sans doute pour ces raisons que vous trouvez une corrélation entre la philosophie du Big Bang et le bouddhisme. La philosophie du Big Bang a d'ailleurs des corrélations avec toutes les religions et les philosophies, que ce soit le christianisme ou la pensée de Platon. Elle ne les exclut pas, elle les englobe. Je crois que le bouddhisme peut être une solution pour l'individu mais pas pour le monde dans son entier, cependant si vous êtes heureux avec le bouddhisme, continuez dans cette voie, elle est bonne.

Jean-Pierre Burri

 

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Questions de Funboy :

1) Si l'espace, ou le vide, n'existe que dans notre Univers, cela ne voudrait-il pas dire que l'extérieur de notre Univers contient de la matière, ce qui contredit la notion d'Univers fini.

2) Peut-être notre Univers n'est-il pas seul. D'autres Univers semblables au nôtre peuvent exister à des distances tellement grandes de nous que nous ne pouvons les détecter. Nous avons d'abord cru que la Terre était le Tout, puis le système solaire et la galaxie. L'Univers n'est peut-être qu'une étape parmi d'autres, et non la dernière. Nous n'avons pas les données et les capacités pour résoudre de tels problèmes, mais de là à ne plus y penser...

3) L'humanité est en marche vers les limites de l'Univers, mais elle n'est peut-être pas la seule; or votre théorie semble dépendre du fait que l'homme soit le seul à pouvoir atteindre les limites de l'Univers.

 

Réponses à Funboy :

1) Je ne comprends pas la première partie de votre raisonnement. S'il y a de la matière en dehors de notre univers, cela signifie qu'il y a aussi de l'espace, sinon où allez-vous la mettre ? Or pour les physiciens, l'espace n'existe que dans notre univers.

2)Je suis d'accord avec vous pour dire qu'il y a peut-être d'autres univers. C'est théoriquement possible. Mais selon moi, le nombre de ces univers n'est pas infini. Parlez-moi d'un nombre d'univers aussi grand que votre imagination vous le permet, et je serai à l'aise avec votre chiffre, mais ne me parlez pas d'un nombre infini.

3) Nous avons les capacités intellectuelles nécessaires pour penser tout l'univers, ou les univers, mais pas l'extérieur sans dimensions. Ce n'est pas une question de ne pas vouloir penser l'extérieur, c'est de ne pas pouvoir.

4)Notre humanité n'est peut-être pas la seule dans l'univers, c'est vrai, et je pense comme vous que d'autres êtres vivants peuvent aussi atteindre les limites de l'univers.

Si vous avez d'autres questions, j'y répondrai volontiers.

Jean-Pierre Burri

 

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Remarques de Monsieur G. M., France :

 J'ai bien lu vos trois hypothèses. Aucune n'est exclusive de l'autre. Ainsi, ce que nous appelons l'univers peut être fini dans un espace infini. Le fait que vous ayez, mettons trente-quatre ans, n'exclut pas qu'en mathématiques, théoriquement "pensables", des nombres infinis existent. Cela me paraît contredire votre corollaire C de la première hypothèse ainsi que la première constatation ("En dehors de l'univers, il n'y a pas de dimensions").

Le mot "réel" me paraît à lui seul appeler de nombreuses réserves. Il désigne une représentation comparative des perceptions, son contenu connaissable est forcément fragmentaire. En parler comme vous le faites dans votre troisième hypothèse ressortit rigoureusement à la métaphysique : La perception directe ne peut, par exemple, décider si le chat de Schrödinger est vivant ou pas. Ni percevoir le fait que chaque particule atomique est une fonction d'onde et qu'elle est ici ET là.

 

Réponses à Monsieur G. M., France :

L'espace est un des composants de l'univers. Il n'existe pas en dehors de lui. Il n'est donc pas juste de dire que "l'univers peut être fini dans un espace infini".

Les nombres décrivant un univers fini ne peuvent être que finis eux-mêmes, même si certains ont l'apparence de l'infini, comme le nombre pi ou 10 divisé par 3, par exemple. Jusqu'à la fin de l'univers, dans quelques milliards d'années, on pourra ajouter une quantité fantastiquement élevée de chiffres après la virgule à ces nombres, ce qui n'en fera quand même pas des nombres infinis. Il est à noter qu'en direction des petites dimensions on arrive, après une cinquantaine de chiffres après la virgule, à la distance de Planck, qui est la distance la plus petite théoriquement possible. Les chiffres qui viennent ensuite n'ont donc plus de signification. Nous voyons donc, par ce cas, que les chiffres ne traduisent pas toujours une réalité.

J'ai employé l'adjectif réel pour qualifier le monde extérieur à l'univers, or il semble que vous ayez des doutes sur la possibilité de compréhension réelle de notre univers. Nous ne parlons donc pas de la même chose. Je suis d'accord avec vous pour dire que la compréhension de notre univers se heurte à des problèmes, comme le fameux chat de Schrödinger ou, de façon plus générale, le monde étrange des quanta, où une particule peut-être ici et là en même temps. Pour la philosophie du Big Bang, cela n'est pas un problème important. Ce qui compte, c'est la finitude de l'univers et les déductions qu'on tire de ce fait.

Jean-Pierre Burri

 

Sommaire des questions.

 

 

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Débat avec Laurent Ghyselinck.

Réponses aux questions posées par les personnes de langue anglaise.

Important : Les conséquences morales de la philosophie du Big Bang.

E-mail: info@BigBang.org