Les conséquences morales de la philosophie du Big Bang.

Dernière mise à mise à jour : 18 janvier 2000.

 

Sommaire des précisions :

* La science conduit à la sagesse.

* La déduction la plus importante.

* Méthodologie.

* Réflexion sur la mort.

* Les animaux et nous.

* La politique.

* L'économie.

* La moralité.

* La race humaine.

* Les religions.

* La philosophie du Big Bang est-elle juste ?

* La philosophie du Big Bang rend-t-elle heureux ?

* Le progrès.

* Pourquoi l'univers ne peut pas être infini.

* La frontière de la compréhension.

* La réincarnation.

* Pourquoi dire "Philosophie du Big Bang" ?

 

La déduction la plus importante.

La déduction la plus importante de la philosophie du Big Bang, c'est que nous étions UN avant la naissance de l'univers. Ceci a une importance énorme dans notre vie de tous les jours. En effet, notre attitude envers les autres, ceux qui ne font pas partie de notre famille ou de nos amis, sera complètement différente si nous les considérons comme des concurrents qu'il faut battre ou comme une partie de nous-mêmes. Si nous sommes persuadés qu'ils sont, en dépit des apparences, une partie de nous-mêmes, nous aurons avec eux les mêmes relations que celles demandées par la morale chrétienne : "aime ton prochain comme toi-même". Nous ne le ferons pas pour plaire à Dieu mais parce que nous saurons que c'est notre intérêt bien compris. Aimer les autres, c'est s'aimer soi-même, selon la philosophie du Big Bang.

 

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Méthodologie.

La méthodologie de la philosophie du Big Bang c'est de ne prendre en considération que :

  1. Ce qui a été découvert par la méthode scientifique.
  2. Le raisonnement philosophique, là où la science s'arrête aujourd'hui et là où elle s'arrêtera de toute façon un jour parce qu'elle sera arrivée aux limites de l'univers.

La première hypothèse, la plus importante parce qu'elle conditionne les trois autres, sera à l'avenir une réalité scientifique. Nous ne sommes peut-être plus très loin de ce moment, avec la théorie des cordes, qui prétend expliquer toute la physique, donc tout l'univers. La démonstration par l'expérience sera beaucoup plus longue à venir, mais elle viendra, c'est certain.

 

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Réflexion sur la mort.

Pour réfléchir sur la mort, il n'est pas nécessaire de faire appel à la métaphysique. Nos connaissances dans ce domaine sont suffisantes. Je pèse soixante-cinq kilos. Les protons, les neutrons et les électrons qui sont à la base de cette masse existent depuis environ quinze milliards d'années et existeront jusqu'à la fin de l'univers. C'est l'assemblage de cette matière aux niveaux supérieurs des atomes, des molécules et des cellules qui est différente depuis cinquante-sept ans, quand je suis né.

Il est possible de faire une comparaison avec la pâte à modeler que nous avions à l'école. Je tirais une partie de cette pâte et je sculptais un personnage. Après un moment, je le retournais dans la masse. La forme du personnage n'existait plus mais sa substance existait toujours, mélangée au reste de la pâte.

C'est la même chose avec nous les humains et tous les êtres vivants. Nous ne sommes que des formes, immensément plus compliquées que des figurines de pâte à modeler, mais des formes quand même.

Il est difficile d'admettre que nous ne sommes que des formes, mais ça devient plus acceptable quand nous considérons que notre vrai moi, ce n'est pas ce corps qui ne vit en moyenne que quelques dizaines d'années, mais c'est tout l'univers. Quand on a accepté ce fait, on accorde moins d'importance à l'individu que nous sommes mais plus à l'univers entier et cela rend la mort moins catastrophique.

Ce raisonnement ne diminue en rien l'importance de la vie, qui reste extrêmement précieuse. La vie, c'est ce court moment pendant lequel une toute petite partie de l'univers devient consciente d'elle-même et peut agir. Nous sommes les députés, élus par le destin, de l'univers entier. A nous de faire bon usage de ce mandat de quelques dizaines d'années.

 

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Les animaux et nous.

Les animaux sont nous-mêmes. Il est donc exclu que nous les exploitions comme des objets. On ne mangera pas leur viande et on n'utilisera pas leur laine, leur cuir ou toute autre substance d'origine animale.

Ceci dit, si je dois choisir entre sauver la vie d'un être humain ou celle d'un animal, je choisirai sans hésitations de sauver la vie de l'être humain, parce que les humains sont les seuls êtres vivants qui pourront retourner l'univers dans le monde réel. Ils le feront au bénéfice de l'univers entier, donc aussi des animaux. Ce raisonnement justifie l'expérimentation médicale sur des animaux, à condition qu'on la restreigne au maximum, qu'on fasse tout le possible pour éviter les souffrances et que l'expérience soit suivie par une autorité de surveillance indépendante.

 

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La politique.

Il n'existe pas d'autorité supérieure objective qui puisse dire qui a raison aujourd'hui et qui aura raison demain. La seule solution pour décider c'est la méthode démocratique, avec en corollaire le respect des droits de l'homme. Cela ne signifie cependant pas que les décisions prises démocratiquement sont toujours bonnes.

En politique internationale, la philosophie du Big Bang est pour tout ce qui rassemble et contre tout ce qui divise. La construction de l'Europe est donc un objectif prioritaire qui devrait être repris dans d'autres régions du monde.

 

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L'économie.

La philosophie du Big Bang ne dit pas qui, du capitalisme ou du communisme, est le meilleur, sans doute parce que ces deux systèmes n'occupent qu'une partie de l'histoire de l'humanité. Elle est par contre très opposée aux excès qu'on trouve chez l'un et l'autre.

La mondialisation est bonne pour l'humanité dans son ensemble parce qu'elle égalise les niveaux de vie sur toute la planète.

 

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La moralité.

Est moral ce qui est bon pour moi et les autres.

 

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La race humaine.

Il n'existe qu'une seule race humaine : celle qu'on appelle "Homo sapiens".

A l'intérieur de cette race unique il y a bien sûr des sous-groupes qu'on distingue par leurs différentes caractéristiques physiques. Au cours de l'histoire, tel groupe a été au sommet de la hiérarchie, puis tel autre et ainsi de suite. Aujourd'hui, avec la mondialisation, il y a une chance réelle que les différents groupes atteignent le même niveau de richesse et de culture. Ne nous moquons pas de ceux qui tardent à entrer dans la course, puisqu'ils sont nous-mêmes. Faisons plutôt en sorte qu'ils puissent nous rejoindre le plus vite possible.

 

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Les religions

La philosophie du Big Bang confirme les grandes religions dans ce qu'elles ont de fondamental : l'amour du prochain pour les chrétiens, l'unité de Dieu pour les musulmans et les juifs, l'illusion du monde pour les bouddhistes.

La philosophie du Big Bang est donc un lien entre les diverses religions de notre planète.

 

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La philosophie du Big Bang est-elle juste ?

Oui, en 2000, je ne vois aucune autre explication qui soit meilleure. Pour l'avenir, je réserve mon jugement. Peut-être qu'une découverte scientifique fantastique viendra tout remettre en question.

 

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La philosophie du Big Bang rend-elle heureux ?

Oui, parce que nous savons maintenant que nous étions UN et que nous serons UN dans un avenir lointain.

Non parce que nous n'aurons jamais de réponse, tant que l'univers existera, à la question philosophique la plus importante : Pourquoi l'univers existe-t-il ?

 

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Le progrès.

L'humanité et le progrès sont comme les deux faces d'une seule pièce de monnaie : inséparables pour le meilleur et pour le pire. Depuis que nos lointains ancêtres, il y a quelques centaines de milliers d'années, ont commencé à tailler des pierres, le progrès ne s'est plus arrêté. Il a considérablement modifié nos conditions de vie et continue de faire aujourd'hui, de plus en plus vite, à tel point qu'il n'est plus possible de dire, à la naissance d'un enfant, quel sera son environnement à son décès.

Le progrès au sens large est impossible à arrêter. Si nous croyons maîtriser chaque étape, la direction générale nous échappe complètement.

Le bilan de chaque progrès semble légèrement positif, soit environ 55% d'améliorations et 45% de dégradations, si bien que personne aujourd'hui ne souhaiterait vivre comme on le faisait au moyen âge ou dans l'antiquité. Il est vain de se lamenter sur les côtés négatifs du progrès pour deux raisons :

  1. Dans toute l'histoire de l'humanité, les conditions n'ont jamais été assez bonnes pour qu'on n'ait pas envie de les changer.
  2. Nous savons, par la philosophie du Big Bang, que le progrès est indispensable pour que l'humanité puisse retourner l'univers dans le monde réel.

 

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Pourquoi l'univers ne peut pas être infini ?

L'infini n'est pas une quantité. On ne peut pas remplir l'infini avec des choses finies, on y arriverait jamais. L'infini ne peut donc pas être composé de choses finies car il ne peut pas être fractionné. L'infini ne peut être composé que d'infini.

Question : Les mathématiques ne disent-elles pas le contraire ?

Réponse : L'infini des mathématiques n'est pas une réalité.

Prenons un exemple simple, le nombre pi, soit 3,1416... On a calculé ce nombre jusqu'à cinq milliards de chiffres après la virgule. Mais si on essayait de fabriquer un cercle en multipliant un diamètre donné par 3,14, on s'apercevrait que pour nouer les deux bouts il faudrait rajouter un millimètre, puis une fraction de millimètre, puis des parties de plus en plus petite jusqu'au moment ou l'on rajouterait un atome, puis un proton, puis un quark et enfin une corde, l'objet théoriquement le plus petit possible. Il ne serait pas possible de descendre au-dessous de cette limite infranchissable. On serait à ce moment là à 33 chiffres après la virgule. Tous ceux qui viennent après ceux-là ne correspondent donc pas à la réalité et sont absurdes, ce qui n'empêche pas qu'au moment ou vous les calculez ils ont l'air très réels.

Parlez-moi d'un univers aussi grand que votre imagination vous le permet et je serai à l'aise avec votre proposition mais ne me parlez pas d'un univers infini.

 

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La frontière de la compréhension.

Si l'univers était infini, il serait pour l'éternité incompréhensible, puisqu'on ne pourrait jamais connaître sa cause. On pourrait aussi chercher éternellement la preuve qu'il est infini sans jamais la trouver. Que l'univers soit fini ou infini, on se trouve devant une frontière que l'intelligence ne peut pas franchir.

L'univers fini nous offre au moins la satisfaction de savoir qu'à très long terme cette frontière disparaîtra.

 

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La réincarnation.

Rappelons-nous que l'univers, avant d'être divisé par l'espace et le temps, était UN dans le monde réel. Les êtres vivants sont les formes variées d'un tout.

Quand nous naissons, une toute petite partie de l'univers s'incarne en nous pour une durée moyenne de quelques dizaines d'années. Quand nous mourons, il se désincarne. Il se réincarne ensuite dans nos successeurs. Chaque jour, depuis que la vie existe, il s'incarne, se désincarne et se réincarne un nombre considérable de fois.

Puisque notre vrai moi c'est l'univers entier, il est juste de dire que nous nous réincarnons dans les autres et que les autres se réincarnent en nous. Cependant, contrairement à la croyance usuelle, il n'y a pas d'âme qui soit transmise de vie en vie. Nous n'en avons d'ailleurs pas besoin, car les autres, c'est nous. Il y a quand même quelque chose qui est transmis, indirectement. Si nous avons pu créer un monde meilleur, nos successeurs, donc nous, en profiteront.

 

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Pourquoi dire "Philosophie du Big Bang" ?

Bien qu'il existe des possibilités théoriques que le Big Bang ne soit pas le début de l'univers, j'ai donné ce nom à cette philosophie parce qu'il existe, pour la première fois dans l'histoire, de très fortes présomptions, appuyées par l'expérience scientifique, que l'univers est né il y a quinze milliards d'années, donc qu'il n'est pas infini.

 

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La science conduit à la sagesse.

Dans le livre "Le moine et le philosophe", éditions Nil 1997, que je recommande vivement, Jean-François Revel déclare que "La sagesse ne repose sur aucune certitude scientifique et la certitude scientifique ne conduit à aucune sagesse".

La philosophie du Big Bang dit le contraire : avant le Big Bang, nous n'étions pas séparés par l'espace et le temps. Nous étions UN et heureux. Aujourd'hui ce corps autrefois unique est déchiré par l'espace et le temps. Il nous faut donc réagir en aimant par exemple notre prochain, puisqu'il est nous-mêmes.

Dans ce cas, la certitude scientifique amène la sagesse.

 

Jean-Pierre Burri

 

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Débat avec Laurent Ghyselinck.

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